PROJET MIGRANTS

             Proposition de projet

 

Le PSM de Nouadhibou Projet de Soutien aux Migrants

Responsable du projet : Père Jérôme DUKIYA

                                      Janvier 2010

 

1. Description de la situation

1.1 Situation de la pauvreté en Mauritanie

La Mauritanie, qui fait partie des pays les moins avancés (PMA).

La population, d’environ 2 300 000 habitants répartis sur un territoire de plus d’un million de kilomètre carré, est dans une très forte proportion (60%) composé de jeunes de moins de 20 ans. Elle subit n fort bouleversement social au cours des quarante dernières années en passant du nomadisme millénaire à la sédentarisation, en particulier du fait de la sécheresse qui frappa le Sahel dans les années 1970. Ce phénomène s’est accompagné d’une urbanisation non maîtrisée. Ainsi Nouakchott, la capitale, a vu sa population multipliée par 20 sur la période et compte aujourd’hui plus de 800 000 habitants. De leur côté, les campagnes, fortement enclavées, se sont désertifiées et n’arrivent à couvrir que 30 % besoins alimentaires du pays.

Un autre aspect particulier de cette population est lié à la situation géographique du pays, situé à la jonction du monde arabe et de l’Afrique noire.  La population se répartit entre maures et négro-africains.

Si, au niveau national la pauvreté a reculé ces dernières années, cette réduction est loin d’être uniforme sur l’ensemble du territoire. Ainsi, dans certaines zones rurales la pauvreté progresse. Quant à la pauvreté urbaine, elle varie selon les villes et les régions dans un rapport de 1 à 5. Elle est particulièrement élevée dans les familles monoparentales à chef de famille féminin, très nombreuses dans ce pays.

L’économie de la Mauritanie, malgré les progrès réalisés ces dernières années, reste vulnérable sous les conjugués de multiples contraintes ( climat hostile, croissance rapide de la population, capacités institutionnelles faibles, poids de l’encours de la dette, instabilité des marchés extérieurs… . Parmi ses principaux problèmes, l’analphabétisme, la faiblesse de la formation technique et professionnelle et le difficile accès à des soins de maigre qualité ont tous trois un caractère aggravant de l’ensemble des autres.

Cependant, et c’est une source d’espoir, le stratégique de réduction de la pauvreté mis en place dans le cadre de l’initiative PPTE 2, et ayant donc un  caractère contraignant pour le gouvernement mauritanien, oriente depuis peu la politique de l’Etat vers une approche de développement participatif, prenant mieux en compte les besoins réels des populations et

s’appuyant fortement sur la société civile, et en particulier sur les ONG.

1.2 Situation des migrants à Nouadhibou.

Nouadhibou, capitale économique de la Mauritanie, est un pôle d’attraction où se retrouvent de nombreuses personnes à la recherche d’un travail. La population de la ville est d’environ 110 000 habitants, vivants essentiellement des activités de la pêche et de la SNIM (Société Minière).

Les conditions de vie de la majorité de la population de Nouadhibou sont très difficiles. Cette situation d’extrême pauvreté s’accentue avec la baisse des revenus au niveau local, conséquence d’une activité de pêche essentiellement  tournée vers l’exportation d’une part et d’autre part de l’exploitation anarchique des richesses maritimes qui mène à un épuisement progressif des réserves.

Le nombre d’étrangers est estimé à plusieurs milliers, en majorité d’origine subsaharienne. Si certains arrivent avec des contrats de  travail, la majorité  des migrants arrivent avec la perspective de continuer leur périple jusqu’en Europe. On rencontre aussi à Nouadhibou quelques réfugiés.

En attendant sa chance, le migrant cherche à travailler, tout d’abord pour se nourrir et se loger, mais aussi pour amasser la somme nécessaire qui lui permettra de poursuivre sont voyage hypothétique. Mais en réalité pour la quasi totalité d’entre eux, Nouadhibou se révèlera être une impasse.

Ces migrants venus d’horizons divers sont confrontés à d’énormes problèmes d’adaptation sociale, économique et culturelle. Ils énumèrent ainsi leurs problèmes : sentiment de rejet et d’insécurité dans la vie courante comme au travail, difficultés pour se loger, pour accéder aux soins, pour scolariser leurs enfants, pour épargner leur argent… Rares sont ceux qui possèdent une qualification, la majorité vit de petits métiers liés à la construction.

La paroisse de Nouadhibou essaie de les aider. Pour atténuer leur isolement et leur solitude, elle ouvre un modeste lieu de convivialité, d’échanges, de loisirs et d’informations. Ce lieu est géré par un membre de la paroisse. Elle tient lieu de boîte aux lettres.

2. But du projet

Le PSM, projet de soutient aux migrants a pour but à long terme de permettre aux migrants de la ville de Nouadhibou d’avoir des conditions matérielles et humaines pour s’insérer dans la ville de Nouadhibou.

3.Objectifs, stratégies et plans d’action.

Objectif n° 1 : Favoriser la réunification familiale, la réinstallation et le rapatriement.

Stratégie : Soutenir les migrants qui désirent retourner de façon permanente dans leur pays d’origine, par la couverture d’une partie des dépenses de voyage et autres frais liés.

Actions : Elaboration et application d’un contrat moral entre le bénéficiaire et le projet.

Mise en place d’une correspondance entre ceux qui sont partis au pays et ceux qui sont restés à Nouadhibou.

Objectif n ° 2 : Assurer un soutien et une aide pour les conseils légaux.

Stratégie : Le groupe caritas de la paroisse souhaite non seulement favoriser le dialogue qu’elle a initié avec les migrants, mais encore entre les groupes de migrants eux-mêmes, et aussi entre migrants et les autorités locales. La mairie de Nouadhibou reproche aux migrants l’absence de représentation. En effet il existe 11 associations de migrants qui n’entretiennent pas de relations, alors que leurs membres rencontres des difficultés identiques. L’équipe caritas favorisera la coordination de ces associations et surtout leur union afin d’augmenter leu crédibilité auprès des partenaires institutionnels.

Actions : Poursuite des activités au centre d’accueil, d’écoute, d’accompagnement, de formation et d’information. Réunir les associations de migrants et les inciter à créer une coordination. Assurer une assistance juridique.

Objectif n° 3 : Influencer les autorités locales et les opinions publiques.

Stratégie : comme le séjour du migrant à Nouadhibou peut durer plusieurs années, son intégration dans la société mauritanienne est une nécessité. Cette intégration sera préparée méthodiquement, avec les populations, autorités administratives et tous les partenaires.

Parallèlement, il est important que la communauté des migrants fassent des efforts pour améliorer son image auprès des populations locales, celle-ci étant dégradée par les comportements déviants de certaines personnes.

Actions : inciter les associations de migrants à se concerter pour établir un code d’honneur du migrant. Mener des actions de sensibilisation auprès des autorités de Nouadhibou.  Mener des actions de sensibilisation dans des quartiers cibles de Nouadhibou.

Objectif n° 4 : Améliorer la situation sanitaire et l’accès aux soins.

Stratégie : disposer d’un fond d’aide pour gérer les situations urgentes de santé.

Action : définir avec la coordination des migrants les conditions d’obtention de l’aide sanitaire.

Objectif n° 5 : Favoriser la formation, l’éducation, et les initiatives engendrant des revenus.

Stratégie : la stabilisation de la population passe par une augmentation des ressources pour permettre une vie décente à Nouadhibou, et donc par la formation qui prélude à toute entrée sur le monde du travail.

Action : dispenser des formations professionnelles et des cours de langue pour augmenter les qualifications des personnes. Seront concernés par ces formations celles et ceux qui auront fait preuve de prédispositions pour certains emplois.

4.  Indicateurs de succès.

Résultat n°1 : la réunification familiale, la réinstallation et le rapatriement sont favorisés.

Indicateurs : Courier des migrants retournés au pays, attestation d’un partenaire local ou une structure officielle qui authentifie la présence sur le territoire.

Resultat n°2 : Un soutien et une aide pour les conseils légaux sont assurés.

Indicateurs : fiches de fréquentation du foyer des migrants, fiches d’écoutes, comptes-rendus de réunion de la coordination des associations.

Résultat n°3 : Les autorités locales et l’opinion publique sont influencés.

Indicateurs : existence du code d’honneur des migrants, compte-rendu des réunions avec les autorités, perception de la situation par les migrants eux-mêmes via les fiches d’écoute du foyer.

Résultat n°4 : La situation sanitaire et l’accès aux soins sont améliorés.

Indicateurs : fiches de soins, ordonnances.

Résultat n°5 : La formation, l’éducation, et les initiatives engendrant des  revenus sont favorisées.

Indicateurs : programme de des formations, nombre de formations dispensées, nombre d’élèves.

5. Moyens d’action.

Pour parvenir au succès de ses objectifs, le PSM dispose des ressources suivantes :

Responsable de projet : le Père Jérôme DUKIYA.

Un animateur du projet :

Le bureau de l’union des associations d’étrangers à Nouadhibou qui regroupe 16 associations des ressortissants africains.

Sur le plan matériel, un local pour le foyer est déjà effectif.

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